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mercredi 8 juillet 2009

Le vazaha en Malgachie

Le vazaha se sent menacer par les autochtones malgaches, qui selon lui, en ont après ses signes extérieurs de richesse et de luxure et qui ne désirent qu’une chose : le piller, le voler, lui faire payer son insolence…

Il se méfie constamment, se promène la peur au ventre, ne s’attarde pas dans la rue et fuit le regard des malgaches.

Le vazaha crée des mythes dans la vazaha-sphère qui règlent sa conduite et celle de ces concitoyens expatriés. Ainsi, tout vazaha ne doit jamais :
Prendre un taxi qui risquerait de tomber en panne ou qui l’emmènerait dans un quartier malfamé pour le voler.
Conduire sans fermer ses portières à clé, car il risquerait, à coup sûr, de se faire « carjacker ».
Boire de jus naturel, parce que ça rend universellement malade.
Prendre un taxi-brousse, car il sait que tous les chauffeurs de taxi-brousse ne savent pas conduire et qu’en plus ils le font après avoir bu des litres de rhum Dzama.

Le vazaha sédentaire connaît tout le pays, rien qu’en écoutant les multiples récits de ses compatriotes téméraires. Il s’aventure rarement à découvrir un nouveau coin s’il pas récolter et confronter une demi-douzaine d’avis à ce sujet. Il aime retenir et prononcer les noms exotiques à rallonge (Maevatanana, Ambohimanga, Maroantsetra…), pour faire voir que oui, il connaît les endroits où il peut faire de la plongée, où il peut manger des langoustes pas cher et où les lodges ne sont pas trop sales.

Le vazaha se félicite chaque jour d’être né dans le bon hémisphère.

mardi 19 mai 2009

Le vazaha et son personnel de maison

Le vazaha a un problème majeur dans sa vie de vazaha : son personnel de maison. Il est conscient que celui-ci représente une de ces pires obligations de vazaha. Un vazaha sans personnel de maison n’est tout d’abord pas un vazaha, mais surtout, s’il n’embauche personne, il est accusé d’être le responsable du fort taux de chômage parmi la population malgache. Le vazaha est pris dans un étau ! Il lui faut du personnel de maison, vis-à-vis des autres vazahas et vis-à-vis de la société malgache.

Mais le vazaha a quand même quelques critères pour que son employé ne prenne pas trop ses aises. « Il ne faut pas trop les payer sinon ils se foutent de ta gueule, ils en profitent ! », dira-t-il. Le vazaha, qui augmente sa femme de ménage après 6 ans de bons et loyaux services, sera très fier d’annoncer qu’il lui donne désormais 150,000 Ariary par mois, soit 60 €. « Faut pas abuser, c’est bien assez, en plus c’est 3 fois le salaire minimum malgache » nous expliquera-t-il.

Le personnel de maison est une plaie pour le vazaha. Il vit chez le vazaha, il touche sa nourriture, ses meubles, ses draps, sa vaisselle. Les employés malgaches les plus rebelles iront même jusqu’à utiliser les WC du vazaha, dans sa propre maison ! Pourtant, même si le vazaha n’a pas installé de toilettes à l’extérieur, il assumera que le malgache se débrouille bien comme il veut, qu’il s’arrange pour ne pas avoir envie ! « Dans leurs taudis, vous croyez qu’ils font comment ? ».

Et puis le personnel de maison est réputé pour voler le vazaha. « Les cuillères en argent qui brillent, ça les fait rêver », dira le vazaha. Le vazaha et persuadé que son personnel de maison revend tout ce qu’il choure dans sa propre maison, qu’il est carrément refourgueur régulier de ses biens personnels. « Comprenez bien, même s’il n’est pas mal intentionné, le malgache a une famille qui lui fait pression. C’est pour ça qu’il vole ! Il donne tout à sa famille qui revend les choses pour se faire de l’argent », dixit le vazaha. La femme vazaha compte donc ses petites cuillères, ses fourchettes, ses couteaux, ses verres, etc.… La femme vazaha compte également les plantes qu’elle a dans son jardin. « Ils volent aussi les fleurs, ça coûte cher les fleurs ». No comment.

vendredi 15 mai 2009

De quoi parle le vazaha dans son cercle d'amis vazahas?

- Qui couche avec qui ? = essentiel pour savoir si la malgache levée dans le bar la veille est déjà passée dans le lit des copains vazahas et se renseigner ce qu’elle demande en échange (mariage, bébé, voiture, repas au restaurant, voyage en France, bijoux, robes, maquillage, etc….).

- Les restaurants à essayer = le vazaha a tellement d’argent – par rapport à la valeur de la monnaie locale – qu’il mange dans les restaurants les plus chics tous les midis. Un peu de variantes ne lui fait jamais de mal, à condition que ce soit standing et propre et recommandé par d’autres vazahas.

- Les points de fidélité Air France et le prix des billets d’avion = le vazaha fait tellement d’aller-retour en France, ou dans d’autres pays, qu’il accumule des tonnesc de points Air France qui lui donne droit à un billet en première classe gratuit assez souvent. Le vazaha passe également une partie conséquente de son temps sur les sites de transports aériens pour programmer ses prochaines vacances ou ses prochains week-ends.

- Les dates de ses prochaines vacances et la destination = le vazaha part souvent se ressourcer hors de son pays de résidence, trop pauvre, trop sale, dans des endroits plus « idylliques », plus cher et plus riches, ou moins pauvres tout simplement, comme par les Maldives, Maurice, La Réunion, les Seychelles, la Thaïlande etc….

- L’incompétence des malgaches = pour le vazaha, les malgaches ne possèdent pas la fonction « intelligence » dans leurs gènes. Ils sont donc à blâmer, le vazaha balance, s’en offusque puis en rit !

- Les gadgets électroniques = qu’importe que le vazaha vive dans un des pays les plus pauvres du monde, il faut des riches partout ! Ce n’est pas parce qu’il cotoie le sous-développement que le vazaha ne doit pas s’acheter le dernier IPhone à la mode (même s’il possède déjà un téléphone malgache standard, un blackberry et un téléphone français). Il va se soi que le vazaha possède également la Wii, la Wii Sport, la Wii Fit et une ou deux autres consoles de jeux.

- Les problèmes de personnel de maison* = pour le vazaha, le personnel de maison ne génère que des problèmes. Il n’obéit pas, vole parfois et ne comprend jamais rien. « Ils ne sont pas allés à l’école, comment voulez-vous qu’ils sachent comment repasser une chemise !? », s’exclame en soirée le vazaha avec ses amis vazahas devant une bouteille de vin, dont le prix est égale à un mois de salaire de son employé.
* Voir post sur « le vazaha et son personnel de maison » – à venir

- Les meurtres / les cambriolages = le vazaha habite un pays dangereux, peuplé d’individus incultes, violents et méchants gratuitement. Il arrive donc souvent que le vazaha et certains de ses amis se fassent cambrioler. Le vazaha a toujours une ou deux histoires de meurtres de vazahas à raconter pour plomber la soirée et faire prendre conscience aux gens de son espèce que tout peut arriver (et combien le peuple malgache est vil, violent, corrompu et méprisable).

- Les autres vazahas, pour les critiquer = un vazaha qui se respecte passe une partie de son temps à critiquer ouvertement et sans faire de cadeaux les autres vazahas. Il y a toujours plus raciste, plus frimeur, plus drogué, plus alcoolique et plus obsédé que le vazaha et il les dénonce ! Bref, tout est sujet à critique dans la vazaha-sphère.
 
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